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24/11/2012

Les principaux acteurs du Domaine de Bel-Air au XXIe, Frangy, Haute-Savoie Haute-Savoie, Le caractère du Savoyard est ... complexe (1883)

En Haute-Savoie, le village de Frangy est un très bon sujet d'analyse du comportement humain et d'étude des cultures des ... nés natifs hauts-savoyards. 

Faites tomber le mur du silence, relayez notre ... aventure. Merci

Vous avez le droit de savoir.

" Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. " Nelson Mandela

Chers Amis, chers visiteurs, chers frangypans, 

Toujours émouvants et instructifs, les faits divers mis en exergue via la presse ancienne donnent un bon aperçu de la vie des frangypans à l'époque, dans leurs bons moments comme dans les plus tragiques. Partez à la découverte, dans les journaux anciens, de faits et anecdotes concernant Frangy. 

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Lettre de M. Charles Buet 19 Avril 1883, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie. "Avant l'annexion, monsieur ? on ne parlait pas !" L'orateur s'attache à crayonner le portrait du Savoyard chez lui et chez les autres ; il le fait avec une finesse de touche vivement goûtée par l'auditoire:

"« Le caractère du Savoyard est complexe : il a pris des qualités, et peut-être des défauts, à tous les éléments étrangers qui ont infusé un sang nouveau dans le vieux sang allobroge. La réserve espagnole, l'impétuosité française, l'ironie italienne, peut-être aussi la gravité orientale, corrigent parfois la témérité, la prudence, le positivisme du montagnard. Point crédule, comme le Breton, il en ignore les superstitions légendaires, mais il a cette mélancolie rêveuse de l'homme qui vit toujours en face de Dieu, isolé en quelque sorte au milieu de ses semblables, exposé à des périls quotidiens, constamment aux prises avec la nature, soumis aux dures nécessités du travail sans trêve. Il parle peu, ce qui justifierait quasi cette répartie malicieuse d'un maire d'Aiguebelle, répondant à un fonctionnaire qui lui demandait quelle langue on parlait en Savoie avant l'annexion : « Avant l'annexion, monsieur ? on ne parlait pas ! »
« Le Savoyard, on le sait de reste, est railleur, s'il n'est pas loquace. Il a de la finesse, de la causticité, il plaisante volontiers, mais il n'est pas méchant et ne commet que sous la garantie du confesseur ces jolis péchés de la langue dont on peut dire qu'ils feraient battre des montagnes. S'il n'est pas crédule, et s'il n'est pas méfiant, le Savoyard n'est pas non plus sceptique; il se contente d'être positif et pratique : il aime la simplicité, il déteste l'éclat, le tapage, la réclame. Il veut être pris pour bonhomme, sans façons et cordial : il ne faut pas chercher à l'éblouir par des phrases ; l'éloquence de nos tribuns modernes ne l'enflamme nullement, la phraséologie creuse des rhéteurs et des utopistes le laisse toujours indifférent. Pour naïf, il ne l'est guère : il sait observer, comprendre et se taire. 

« Chez lui, comme chez les autres, le Savoyard est patient, persévérant, laborieux, économe. Il travaille à petit bruit, mais sans relâche. Il fait sa fortune sou à sou, parce qu'il voit que les petits ruisseaux font les grosses rivières. Jamais il ne se décourage, parce qu'il a vu que l'audace et l'obstination triomphent des pires obstacles : n'a t-il pas tapissé de vignes florissantes les pentes caillouteuses de ses montagnes, défriché des plateaux où l'aigle construisait son aire, changé des marécages immenses en champs fertiles, reconquis sur les eaux vagabondes les rives qu'elles inondaient ? Ce n'est pas Mazarin, c'est un Savoyard, qui a dû dire : « Savoir attendre, savoir agir, voilà toute la science de la vie »

« Certes le Savoyard n'a pas la maladie de l'enthousiasme : tète froide et cœur chaud ! Il réfléchit avant d'agir ; il ne réfléchit jamais avant de rendre service. Saint Julien l'Hospitalier devrait être, avec saint Maurice, le patron de la Savoie ! Entrez dans la plus modeste maison de nos hameaux: vous verrez l'aïeul et l'aïeule.les petits enfants s'empresser à vous servir ; on ne refuse à personne place au feu et place à table : s'il n'y a pas de lit sous le toit enguirlandé de mailles, il y a dans la grange du foin odorant où l'on dort un si bon sommeil ! Ces braves gens , vous les paierez d'un sourire et d'une parole amicale, et si pauvres qu'ils soient vous les offenseriez en leur jetant quelque monnaie qui vous dispenserait de leur dire merci !

Et s'il est arrivé à quelques-uns d'entre vous, Messieurs, de pénétrer dans un de ces logis rustiques, n'avez vous pas été frappé de voir que la Famille — cette institution inséparable de l'idée chrétienne — a survécu chez nous à tous les orages? La maison paternelle est un foyer où se succèdent les générations. Tous les enfants y reviennent ; les aines y vivent, obéissant et soumis au père, quand même ils seraient déjà eux-mêmes des aïeux. Les vieux imposent le respect, les jeunes inspirent la tendresse. La mère a allaité toute sa nichée : une douzaine de gentils chérubins aux joues rosées, aux boucles blondes. Elle est robuste et vaillante, épanouie par les fatigues même de la maternité. Pas un instant du jour elle ne reste oisive. Servante des grands et des petits, elle est honorée. Croyez-vous qu'elle envie le sort des riches ! Que lui importe ! la religion consolatrice l'assiste dans ses misères ; elle a la foi, elle a le bon sens de la foi. Aussi ne murmure-t-elle point, quand la tâche serait trop lourde I Et ce n'est pas cette femme-là qui suggérerait à son mari les folles convoitises , les misérables haines qui remplissent de malheureux les pontons et les hôpitaux.

« A l'heure où le soleil achevant sa course disparaît derrière les sommets, irradiant encore le ciel d'azur de ses longues flèches d'or, cette mère s'agenouille, et avec elle, autour d'elle, les vieillards aux. cheveux blancs et les blondes fillettes, et les garçons. Alors, devant l'image enfumée, du fond de cette chaumière ignorée du reste de la terre, s'élève un hymne de reconnaissance et d'amour que les anges recueillent pour l'offrir au Maitre de toutes choses, et la prière de ces humbles est peut-être le salut des multitudes orgueilleuses qui veulent chasser Dieu ! »

Ce passage d'une éloquence vraie émeut profondément l'assistance. Mais voici, comme pendant à ce premier médaillon, le Savoyard à l'étranger :

« Les Savoyards apportent chez les autres toutes les qualités de ce caractère que j'ai discrètement esquissé, mais développées par la conscience de l'isolement, par la volonté d'atteindre le but, par cette confiance en soi qu'on ne laisse jamais voir à ses proches, parce qu'on redoute la sentence sacrée Nemo propheta. Ils s'en vont donc, puis ils reviennent, dès que le but est atteint, car si tous les pays du monde sont beaux pour y vivre, la terre natale est la seule qu'on trouve belle pour y mourir.

« Le Savoyard se transplante, il ne s'acclimate pas. Voyez-le à l’œuvre. Il travaille lentement, patiemment, tous les jours, sans varier. Il n'égare pas sa confiance, il ne livre pas son amitié, il va droit son chemin, et rien ne le rebute. Sa persévérance déplacerait une Alpe. Renversé, il se relève. Ruiné, il recommence. Il pense toujours à ceux qui l'attendent là-bas ! La vision du chaume frangé de pariétaires le hante sans cesse. Il revoit les visages aimés, il sourit aux remembrances lointaines, il évoque les heures joyeuses de l'enfance, et dans ces chers souvenirs qu'il caresse, il oublie la peine, la fatigue, le souci, qui creuseraient trop de rides à son front: il veut le garder pur aux baisers de sa mère I...

« II court le monde, allant partout où la vocation l'appelle, et quelque soit la distance qui l'éloigné de son foyer, il n'en est jamais séparé. Ouvrier à la ville, cultivateur aux champs, colporteur le long des grandes routes, fermier au Mexique, pionnier dans l'Arkansas, mineur en Californie, trafiquant aux îles Malaises, soldât aux colonies, partout il reste le Savoyard, prêt à faire bonne mine et bon accueil au « pays » que le hasard lui amènera. Et dès qu'ils se seront embrassés, l'hôte et l'ami inconnu, ils trinqueront gaiement à la vieille Savoie, avec un soupir de regret pour le petit vin blanc qu'ils fêtaient naguère sous les treilles. »"   M. Charles Buet 19 Avril 1883, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie., Extrait p3 article, Journal cour des Alpes, 8 mai 1883,  http://www.memoireetactualite.org/presse/73COURDALPES/PDF/1883/73COURDALPES-18830508-P-0003.pdf

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